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    SPIRULINE ET CANCER

     

     

    Le cancer est plus vieux que l'humanité. On sait qu'il sévissait déjà chez les sauriens du Jurassique: des tumeurs cancéreuses parfaitement préservées ont été retrouvées dans des ossements de dinosaures datant de 150 millions d'années. Mais c'est Hippocrate qui lui donne son nom - karkinoma du grec Karkinos qui signifie crabe - et explique que cette maladie s'étend et s'accroche aux tissus adjacents " comme les pinces d'un crabe ".  

     

    Pourtant, il ne prend des proportions épidémiques qu'à partir de l'ère industrielle, avec une augmentation de 60 % dans la plupart des pays industrialisés au cours des 50 dernières années. En France, cette pro­gression est de 63 % en 20 ans, toutes localisations confondues. Selon l’Institut National du Cancer, un homme sur deux et une femme sur trois sont touchés par cette maladie responsable d'un décès sur trois chez l'homme et d'un sur quatre chez la femme. Et, selon les National Cancer Institute (NC!) et American Cancer Society, son taux devrait doubler dans les 50 ans à venir.

     

    Si l'on en croit les statistiques de l'OMS, le cancer a augmenté dans les mêmes proportions que le PNB par habitant. Cette vénérable institu­tion, qu'on ne peut en aucun cas accuser d'être révolutionnaire, reconnaît pourtant que si 20 % des cancers sont d'origine génétique, 80 % pourraient être évités parce que liés à la pollution. Les dirigeants y vont tous de leurs très médiatiques plans de lutte contre le cancer. Mais tous, de celui du Président Nixon à celui du Président Chirac, occultent la pollution de l'air, de l'eau, de l'alimentation et des produits domestiques et les cancers professionnels.

     

    On soigne les malades atteints du cancer, et non l'environnement qui est lui-même malade, alors que nous sommes littéralement plongés dans un océan de carcinogènes.  

    L'industrie du cancer, qui représentait 20 milliards de dollars en 2003, devrait atteindre les 45 milliards en 2011. Quant aux pesticides agricoles dont on connaît les risques, ils pèsent 30 milliards de dollars annuels sur le marché mondial. Rien de surprenant lorsqu'on sait que les politi­ques d'agriculture intensive ne subventionnent que les agriculteurs qui utilisent les pesticides et engrais chimiques, et non la minorité d'agri­culteurs qui tentent de développer une agriculture dite « biologique » ou bio.

    Les pays décidés à réduire leur consommation de pesticides sont confrontés aux coûts de cette réduction auxquels s'ajoutent ceux, énor­mes, de leur stockage ou de leur destruction - toujours problématique et à la charge des États - les risques de fermeture d'usines, de pertes d'emploi et d'augmentation des prix.

    Les problèmes sont les mêmes pour les autres polluants.

     

    Les différents plans anti-cancer se contentent donc de décourager l'ex­position au soleil et la consommation de tabac et d'encourager celle des légumes et des fruits pour leurs effets antioxydants démontrés, mais sans prendre en compte les pesticides et les autres produits toxiques, aussi nombreux que variés, dont ils sont chargés - y compris, dans une moindre mesure, ceux de l'agriculture dite" bio ".

     

    Nous respirons les uns, nous ingérons les autres, et nous en produisons nous-mêmes tous les jours par notre métabolisme et la radioactivité de certains des atomes qui nous constituent.

    Les remèdes: lutter en tout premier lieu contre les effets délétères du stress oxydatif. Enrayer l'enchaînement engendré par les radicaux libres, grâce à une prévention personnelle. La nutrition a un rôle capital, mais aussi grâce à une prévention collective.

     

     

    Nonobstant la multiplicité des publications liées aux effets délétères des facteurs environnementaux sur la santé, singulièrement sur le ris­que d'apparition de cancers, la constance des résultats et la qualité des auteurs, il est encore et toujours, pour des raisons trop évidentes d'ordre économique, des publications qui surgissent périodiquement d'instituts idoines pour annoncer l'inversion de croissance de la courbe des affections cancé­reuses, démontrer les vertus de l'élevage industriel en batterie, voire dénoncer l'action des antioxydants naturels quand on ne les accuse pas eux-mêmes d'actions cancérigènes ...

    S'agissant de la spiruline, qui prospère dans des eaux chaudes, saumâ­tres et alcalines où presque toute autre forme de vie est impossible, les pesticides et les herbicides sont inutiles. Non seulement la cyanobac­térie ne pollue pas les eaux dans lesquelles elle pousse mais sa grande capacité à absorber rapidement les métaux en font l'instrument idéal pour les dépolluer.

     

    Mais attention, de nombreuses études démontrent que la spiruline possède cette propension à absorber tout ce qui se trouve dans son milieu nutritif. Ainsi est-elle capable de fixer des particules de métaux lourds par exemple, lorsqu'elle est cultivée dans des eaux polluées par ceux-ci. Comme grand nombre de plantes, elle répond à la toxicité des métaux par divers mécanismes de décontamination, dont la ché­lation. Différents composants des algues, dont les polysaccharides et la chlorophylle font fonction d'aimant et attirent ces gros atomes des métaux lourds.

    Par voie de conséquence, la plus grande prudence s'impose donc sur l'origine, les conditions de culture, de récolte et de conditionnement, de la spiruline que vous vous apprêtez à consommer. 

     

    La plupart des spirulines artisanales ne peuvent garantir les conditions rigoureuses de culture, la constance dans les taux de produits finaux et leur traçabilité.

    Pour le corps humain, les métaux lourds sont des nutriments comme les autres. Un exemple: le plomb et le calcium vont être absorbés sans, discernement au niveau des os. Mais à la différence du subtil équilibre du métabolisme phosphocalcique qui préside normalement à la fonc­tion et au renouvellement de la trame osseuse, une fois intégré dans l’organisme, le plomb, lui, s'accumule dans l'os et y demeure toute la vie pour y exercer une action délétère sur la moelle osseuse et sur la production de nouvelles cellules sanguines. De même pour tous les autres métaux lourds qui peuvent également se fixer dans les os, la moelle et les tissus mous - surtout le foie et les reins.

     

    Or, l’efficacité de la spiruline pour absorber ces métaux lourds, et autres produits toxiques accumulés dans l'organisme humain est remarquable. C'est un véritable aspirateur qui attire les substances toxiques et les neutralise. Au Bangladesh, les médecins l'utilisent depuis des années pour faire face à la véritable catastrophe nationale que sont les empoisonnements par l'arsenic.

    Soixante-dix millions de personnes sur une population de 120 millions sont contaminées par l'eau des puits polluée par ce métal. Au japon, la spiruline administrée à des rats dont les reins présentaient des taux élevés de mercure ainsi que de produits pharmaceutiques a permis de réduire les taux de toxicité.

     

    S'agissant spécifiquement du processus de prolifération cancéreuse, ces équipes spécialisées en oncologie fondamentale estiment que certaines formes de cancer sont le résultat de l'altération de l'ADN cellulaire, provoquant ainsi une croissance cellulaire déchaînée. Par ailleurs, il a été clairement établi que nous produisons tous les jours des cellules cancéreuses.

    En temps normal, notre organisme sait reconnaître ces cellules atypiques et les éliminer grâce à un système immunitaire extrêmement complexe et performant. La réparation de l'ADN endommagé met quant à lui en jeu un processus également complexe où intervient un ensemble d'enzymes et de coenzymes spécifiques. Mais cette belle mécanique peut s'enrayer. Sous l'effet notamment de radiations ionisantes ou de toxines, ces enzymes sont alors désactivées, elles ne réparent plus les erreurs structurelles de l'ADN, les cellules anormales prolifèrent et le cancer se développe.

     

    En fait, il n'y a pas un cancer mais des dizaines de formes différentes, qui ont toutes en commun deux caractéristiques: des cellules qui se multiplient sans limites, indéfiniment, sous l'effet d'une enzyme aber­rante, la télomérase, et d'autre part la capacité de se propager dans le corps et de se refixer à distance (métastases).

     

    Selon des études in vitro, ce sont les polysaccharides uniques de la spiruline qui stimulent les principaux intervenants dans l'immunité: l'activité enzymatique du noyau cellulaire et la synthèse réparatrice de l'ADN.

    Exemple célèbre et très médiatisé: Tchernobyl

     

    Après la catastrophe de l'explosion du réacteur nucléaire soviétique de Tchernobyl, les médecins de l'Institut de la médecine des radiations de Minsk, qui avaient entendu parler des effets favorables de la spiru­line sur les enfants vietnamiens contaminés par les armes chimiques de l'écocide américain, ont utilisé la spiruline pour traiter les enfants malades. Victimes des radiations, ils étaient immunodéprimés - leur moelle osseuse endommagée par les radiations ne pouvait produire que des globules rouges anormaux et en quantité très insuffisante, de même pour les globules blancs.

    Anémiques, ils souffraient de surcroît de graves réactions allergiques. Des études portant sur 270 enfants ont montré que la prise quoti­dienne de cinq grammes de spiruline pendant 45 jours avait renforcé leur système immunitaire, normalisé leur taux de lymphocytes T et diminué la radioactivité sans aucun effet secondaire. Par contre, les enfants qui n'avaient pas pris de spiruline sont restés gravement im­munodéprimés.

     

     Depuis 1994, la spiruline est autorisée en Russie comme « aliment thérapeutique» dans le traitement des maladies liées aux radiations, ainsi que nous l'avons déjà évoqué.

     

    Par la suite, différents groupes d'enfants irradiés ont été traités par la spiruline (5 à 10 g/jour pendant 3 à 6 mois). Les résultats ont été tout particulièrement probants au niveau des cancers de la thyroïde, le plus fréquemment rencontré suite à la contamination radioactive. 82 % des enfants ayant bénéficié de la supplémentation par le protocole spiruline n'ont pas développé de cancer de la thyroïde. A l inverse: 100 % de ceux non traités en ont développé un.

     

    Par la suite, des scientifiques israéliens ont traité des enfants de Tcher­nobyl avec des doses de bêta-carotène naturel, ce qui a permis de normaliser leur chimie sanguine.      

    Il est à noter qu'en 2007, le " sarcophage» de béton construit autour de la centrale nucléaire accidentée de Tchernobyl pour empêcher la proli­fération des centaines de tonnes de produits radioactifs encore présents, est fissuré à plusieurs endroits, laissant s'écouler des eaux radioactives qui cheminent jusque dans le fleuve Dniepr, lequel approvisionne en eau quelques 30 millions d'Ukrainiens.

    Un important budget vient d'être voté par la Communauté Européenne pour construire un second sarcophage qui viendra enserrer le premier. Et une demande émanant de la compagnie multinationale chargée de sa construction, pour monter conjointement au chantier une unité de production de spiruline fraîche destinée à alimenter quotidiennement le personnel, et agir préventive­ment sur les risques majeurs de contaminations ionisantes.

    Différentes études indiquent que le bêta-carotène semble également ouvrir le processus de communication entre les cellules normales, pré­cancéreuses et cancéreuses. C'est lui qui permettrait au corps d'envoyer des signaux qui empêcheraient les cellules de se diviser de façon anar­chique, et qu'il pourrait ainsi inverser le processus cancéreux. Plusieurs études américaines sur des hamsters ont démontré les effets du bêta ­carotène de la spiruline sur des tumeurs cancéreuses buccales. Ces ré­sultats ont été confirmés par la première étude humaine sur le potentiel de la spiruline pour traiter le cancer de la bouche. Une étude sur des chiqueurs de tabac au Kerala montre qu'après une prise quotidienne d'un gramme de spiruline pendant un an, les lésions ont disparu chez 45 % des patients. Après un an d'interruption du traitement, 45 % des lésions étaient revenues.

     

    La phycocyanine s'attaque elle aussi aux radicaux libres responsables du cancer. Différentes études ont montré que cette substance influe sur les cellules souches situées dans la moelle osseuse. Ces cellules sont les" grand-mères» des globules blancs qui constituent le système immunitaire cellulaire et des globules rouges qui assurent l'oxygénation de l'organisme.

    Des investigations chinoises confirment l'effet de la spiruline sur la production de nouveaux globules rouges et blancs. Elles ont prouvé que la phycocyanine stimulait l'hématopoïèse (synthèse des globules rouges ou hématies) en reproduisant l'effet de l'hormone érythropoïé­tine (ÉPO). Celle-ci, produite par des reins sains, règle la production, par les cellules souches, des globules rouges dans la moelle osseuse. Ils affirment également que la phycocyanine règle la production des globules blancs.                           

     

     

    Aux États-Unis, des chercheurs ont traité le sang de volontaires sains avec une solution contenant de la spiruline. Au bout de soixante-douze heures, le sang traité à la spiruline contenait treize fois plus de cellules im­munitaires que le sang non traité. Dans le cadre d'une étude japonaise, le nombre et l'activité de leurs cellules tueuses naturelles (NKC) de sujets également adultes ont été mesurés avant et après l'administration de spi­ruline.

     

    Les cellules tueuses naturelles détruisent les cellules cancéreuses en s'attachant à elle et en libérant une substance toxique.

     

    À la fin de l'étude, les chercheurs ont noté une augmentation signifi­cative de la production et de la capacité à tuer des cellules tueuses des différents sujets. Ils ont conclu que la spiruline agissait directement et indirectement sur les cellules dites NKC (Natural Killer Cells). L'étude suggère également que les effets stimulants de la spiruline sur le système immunitaire sont durables: Cinq semaines après l'arrêt du traitement, le système immunitaire des douze cobayes était toujours optimal.

    Les chercheurs japonais travaillent très activement sur certains extraits de spiruline susceptibles de traiter spécifiquement ces cancers. Une petite dose quotidienne de calcium spirulan® permettrait de maintenir ou d'accélérer le contrôle des fonctions cellulaires normales. Il empêcherait également les cellules cancéreuses de se fixer sur les tissus et inhiberait tout un groupe de virus, y compris les virus du VIH-l, de l'herpès, des oreillons, de la grippe.

     

    D'autres études très prometteuses montrent que la spiruline permet de réduire le nombre de tumeurs de divers types de cancers. Les tumeurs de souris présentant un adénocarcinome gastrique ont été divisées par deux chez celles qui prenaient de la spiruline à haute dose.

     

    Dans le cas de cancers de la peau, certaines études retrouvent une disparition des tumeurs dans trois-quarts des cas après traitement à la spiruline.

     

    En conclusion, et en restant raisonnablement prudent pour conserver le recul et le discernement qu'imposent toute démarche scientifique (attitude qui souvent fait défaut aux propos dithyrambiques sur la spiruline qu'à la suite des publications sur les irradiés de Tchernobyl on trouve largement dans la littérature, on peut affirmer que la spiruline, avec les réserves que l'on rappelle périodiquement quant aux critères de qualité qui s'imposent sur son choix, représente assurément une des voies les plus prometteuses dans prévention et la lutte contre les cancers.

     

    La multiplicité des différents modes d'action dans lesquels elle intervient, antioxydant, anti-radicalaire, anti-Cox 2, cicatrisant, stimulant immunitaire, stimulant des «cellules tueuses» NKC, et la synergie de ces modus operendi fait de la spiruline un produit déjà unique sous sa forme actuelle, et dont il est à prévoir des dérivés et/ou des extraits beaucoup plus ciblés.

     

     

    Médecin biologiste, algoculteur, et adepte de la nutrithérapie en Maroc, j’ai pour particularité d’avoir placé la spiruline au premier rang des compléments alimentaires. Pour moi, en effet, et les études officielles le confirment de plus en plus, une supplémentation par des produits chimiques ou naturels extraits d’aliments ou de plantes médicinales n’ont pas l’efficacité d’un produit non transformé. La spiruline est une micro algue extraite et conservée naturellement. Sa structure n’est pas modifiée pendant la récolte et le séchage ; aucun additif ou conservateur ne sont ajoutés dans les boites la conditionnant sous forme de poudre, de comprimé ou de gélule. Sa composition demeure exceptionnelle. Nous l’utilisons dans la lutte contre la malnutrition car nul autre aliment ne peut apporter autant de minéraux, vitamines, anti-oxydants et acides gras poly-insaturés. Pour les malades et les bien portants de nos pays pauvres, un apport régulier en spiruline permet le maintien d’une immunité satisfaisante avec une couverture exceptionnelle en éléments nécessaires à la santé.

    Certes, une alimentation bien équilibrée devrait jouer ce rôle. Actuellement, aucune partie du monde ne peut se targuer d’être en mesure de couvrir tous les apports en nutriments que nos organismes réclament. Chez nous, il n’est pas possible de vivre en autarcie ou d’avoir une couverture nutritionnelle correcte avec les produits du commerce. 

    Dr Yasser Medkouri.

    medkouri_yasser@yahoo.fr





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